Le bégaiement est souvent entouré de nombreuses idées reçues. Certaines personnes pensent qu’il est causé par la peur, le stress ou un manque de confiance en soi. En réalité, les spécialistes s’accordent aujourd’hui à dire que le bégaiement est un trouble complexe dont les causes sont multiples.
Comprendre les causes du bégaiement permet de mieux accompagner les personnes concernées et d’éviter les jugements injustes.
Le bégaiement n’est pas un signe de faiblesse
Avant tout, il est important de rappeler que le bégaiement n’est ni un manque d’intelligence, ni un manque de courage, ni un défaut d’éducation.
Une personne qui bégaie sait parfaitement ce qu’elle veut dire. La difficulté se situe dans la fluidité de la parole, et non dans la pensée.
Une origine liée au fonctionnement du cerveau
Les recherches scientifiques montrent que le bégaiement est en partie lié au fonctionnement de certaines zones du cerveau impliquées dans la parole.
Chez les personnes bègues, les messages qui permettent de coordonner les mouvements nécessaires à la parole peuvent parfois être transmis différemment. Cela peut provoquer des répétitions, des prolongations de sons ou des blocages.
Cette particularité neurologique n’empêche pas la personne de mener une vie normale, de réussir ses études ou d’exercer une profession exigeante.
L’hérédité peut jouer un rôle
Dans certaines familles, plusieurs personnes peuvent présenter un bégaiement.
Les chercheurs ont constaté qu’il existe souvent une composante génétique. Cela signifie qu’un enfant dont un parent ou un proche parent bégaie a davantage de risques de développer lui aussi un bégaiement.
Cependant, le bégaiement n’est pas automatiquement transmis de génération en génération.
Le développement de la parole chez l’enfant
Le bégaiement apparaît le plus souvent entre l’âge de 2 et 5 ans, une période où l’enfant apprend rapidement à parler.
À cet âge, il est normal que certains enfants répètent des mots ou hésitent lorsqu’ils s’expriment. Dans la majorité des cas, ces difficultés disparaissent naturellement.
Chez d’autres enfants, les difficultés persistent et peuvent évoluer vers un véritable bégaiement nécessitant un suivi spécialisé.
Le stress n’est pas la cause du bégaiement
Contrairement à une croyance répandue, le stress ne provoque pas le bégaiement.
En revanche, certaines situations stressantes peuvent aggraver les difficultés de parole chez une personne déjà concernée.
Par exemple :
- parler devant une classe ou un public ;
- passer un entretien d’embauche ;
- répondre au téléphone ;
- prendre la parole lors d’une réunion.
Le stress agit donc davantage comme un facteur aggravant que comme une cause.
Les facteurs émotionnels
Les émotions fortes peuvent parfois rendre le bégaiement plus visible.
La peur, la colère, l’anxiété ou l’excitation peuvent augmenter les blocages momentanément. Toutefois, ces émotions ne sont pas à l’origine du trouble.
C’est pourquoi il est important d’éviter de dire à une personne bègue : « Calme-toi et tu parleras mieux ». Le problème est souvent plus complexe que cela.
Les fausses croyances à éviter
Beaucoup d’idées fausses circulent encore sur le bégaiement.
Le bégaiement n’est pas causé par :
- un manque d’intelligence ;
- une mauvaise éducation ;
- la paresse ;
- la timidité ;
- la possession mystique ou la sorcellerie ;
- un manque de volonté.
Ces croyances peuvent blesser les personnes concernées et les empêcher de demander de l’aide.
Ce qu’il faut retenir
Le bégaiement est un trouble de la parole dont les causes sont multiples. Les facteurs neurologiques, génétiques et développementaux jouent un rôle important.
Même si le bégaiement peut être influencé par le stress ou les émotions, ceux-ci n’en sont généralement pas la cause.
La meilleure attitude consiste à écouter, comprendre et accompagner les personnes concernées sans jugement.
À l’APBS, nous œuvrons chaque jour pour sensibiliser le public, lutter contre les préjugés et permettre à chaque personne vivant avec le bégaiement de trouver sa place dans la société.





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